L’entrepreneur entre mythe et réalité

par Laurent Chane

Si l’aventure de l’entrepreneuriat vous tente, parce que vous voulez changer de vie, ne plus être dans votre routine de salarié un peu passif, attention à ne pas se précipiter. Posons les choses pour bien préparer ce grand saut.  

Mythes et légendes de l’entrepreneur

« L’entrepreneur qui réussit est un super-héros, bon en tout, super-multitâche, toujours calme pour affronter les aléas du marché, qui sait vendre, a un bon relationnel, organise sa vie à la perfection, trouve du temps pour s’occuper de lui et de sa famille, et vend de la super qualité irréprochable qui le met au-dessus de la mêlée de ses concurrents. Et bien si c’est ça l’entrepreneur qui réussit, je ne vais pas y arriver… »

Mythes, légendes, phantasmes, ce métier attire beaucoup de gens qui souhaiteraient se réaliser dans leur travail et fait peur car on est frontalement confronté à la réalité du marché, toute faiblesse pourrait être exploitée par ses concurrents voraces ou ses clients sans âme, à la recherche du moindre profit. Dans cette joyeuse mise en condition de début de parcours, essayons de prendre un peu de recul et de démêler le mythe de la réalité.

L’entrepreneur dans la réalité

Au cours des missions où j’ai accompagné des entrepreneurs, j’ai pu constater qu’effectivement, l’entrepreneur doit être attentif à beaucoup plus de paramètres que le salarié. L’entrepreneur doit, entre autres, suivre sa comptabilité, aller démarcher ses clients, faire sa com’ et plus encore. Dans une entreprise plus conventionnelle, le salarié va se concentrer sur une tâche et laisser les autres se concentrer sur les autres, une belle division du travail où chacun peut développer son expertise et exceller dans son périmètre restreint de responsabilité. C’est pour cela qu’une de mes jeunes apprentis entrepreneurs a parlé de son impression de devoir être Shiva avec de multiples compétences à utiliser toutes en même temps.

Cela signifie donc que l’entrepreneur doit s’occuper de plus de chose et ne peut pas se concentrer sur un seul élément autant qu’il le ferait s’il était salarié. Alors, est-il donc condamné à être moins performant globalement que la grosse structure qui a des spécialistes à chaque poste ? C’est sans compter les lourdeurs de collaboration et de communication qui émergent dès qu’on est plus de deux et ne font que s’amplifier avec la taille de la structure ! Vous avez certainement déjà été confronté à des malentendus entre collègues, conflits et autres frictions qui font les joies des discussions à la machine à café mais entravent la bonne marche de l’ensemble. 

Y a-t-il alors des solutions pour concilier le meilleur des deux mondes? Mettre sur la table toutes les compétences nécessaires et éviter les frictions du travail en groupe?

Savoir se faire aider
et en avoir pour son argent

Faites vous accompagner (mais attention, pas n’importe comment !)

Un entrepreneur seul (avant qu’il ne passe à l’étape d’après avec des recrutements) est expert dans son domaine, il est souvent moyen (ou complètement nul parfois, personne n’est parfait) dans d’autres qui lui sont nécessaires pour son fonctionnement et surtout plus souple et réactif que l’entreprise de plusieurs salariés. Pour que les domaines où il est moyen ne deviennent pas un handicap gênant, il peut soit y améliorer ses compétences (mais en aura-t-il le temps et l’envie ?), soit se faire accompagner. Et c’est là que le réseau des accompagnants, coachs et autres consultants prend son sens. Payantes, subventionnées, grâcieuses, personnalisées ou générales, il existe une multitude d’offres plus ou moins adaptées à sa situation à un moment donné. Et là, il faut avoir une autre compétence : savoir se faire aider et en avoir pour son argent… A ce stade, vous verrez en principe pousser vos nouveaux bras qui permettront de devenir un Shiva de l’entrepreneuriat, le mythe devenir réalité !

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