Parole d’entrepreneur : Cécile Bes, traiteur en coopérative

par Carine Lamalle

La force et le soutien du collectif

Au départ, Cécile voulait être agricultrice-cueilleuse-transformatrice et vendre les légumes en conserve de sa production. De fil en aiguille, elle a évolué vers une activité de traiteur, proposant des repas frais, bio, végétariens et de grande qualité pour des colloques et séminaires d’entreprise, sous la marque L’Attirail, hébergée dans la CAE* Terracoopa. Et puis la crise est arrivée.
Cecile Bes Traiteur bio et engagée membre de Terracopa
Photo Mickael Dessales

Quel est ton parcours d’entrepreneure ?

Je voulais être agricultrice et transformer ma production en conserve : légumes en bocaux, crème de marron, … Je cherchais des parcelles agricoles, je faisais de la cueillette sauvage (une activité traditionnelle en Cévennes), je tentais de monter un projet de laboratoire alimentaire collectif et je faisais des marchés pour vendre ma production. Le projet de laboratoire partagé n’a pas vu le jour, et j’ai fini par installer mon propre atelier.

Petit à petit, je me suis aperçue que sur les marchés, les plats frais que je proposais à côté de mes conserves se vendaient mieux, jusqu’au jour où quelqu’un m’a demandé de réaliser une prestation de traiteur pour un repas de Noël. Je n’avais pas encore le matériel nécessaire, mais j’avais suffisamment de temps devant moi pour m’organiser, donc je me suis lancée et de fil en aiguille, c’est devenu mon activité principale.

Traiteur, c’est une activité qu’on n’imagine pas forcément en coopérative…

En effet, lorsque je suis arrivée à Terracoopa en 2017, il n’y avait pas encore d’activité de transformation alimentaire dans la coopérative. J’y suis entrée en même temps qu’Elsa, qui fabrique des yaourts à base de riz de Camargue bio. Comme c’était une activité nouvelle pour la CAE, en plus de présenter mon projet comme tout candidat entrepreneur, il m’a fallu montrer à Terracoopa que j’étais bien formée sur les contraintes réglementaires de mon métier (notamment sur l’hygiène) et que mon atelier répondait aux normes exigées.

Ton activité s’est bien développée jusqu’en mars 2020, et puis patatras, la crise sanitaire est arrivée. Être en coopérative t’a-t-il aidé à surmonter cette crise ?

En mars 2020, je venais de terminer une importante prestation de traiteur lorsque le confinement a été annoncé. Du jour au lendemain, toutes mes réservations ont été annulées, sans perspective de reprogrammation. Heureusement, le statut d’entrepreneure-salariée m’a permis de bénéficier du dispositif de chômage partiel. Au-delà de ce soutien financier, être en coopérative m’a permis de ne pas être seule face à la crise. Toutes les semaines, on faisait une réunion en visio pour échanger des nouvelles.

« Au-delà de ce soutien financier, être en coopérative m’a permis de ne pas être seule face à la crise. Toutes les semaines, on faisait une réunion en visio pour échanger des nouvelles.

Pour ne rien arranger, en septembre 2020, ton atelier a été emporté par une crue de l’Hérault…

Le 19 septembre 2020, j’ai eu 1,65 mètre d’eau dans mon atelier. Presque tout mon matériel a été perdu. D’une certaine façon, c’est plutôt « bien » tombé, puisque mon activité de traiteur était déjà à l’arrêt à cause de la crise sanitaire. Imagine si j’avais eu plein de réservations pour des événements à ce moment-là… Dans ces moments-là, être en coopérative, encore une fois, c’est ne pas être seul. Des coopérateurs de Terracoopa sont venus m’aider pour nettoyer les dégâts. Des élagueurs ont donné un coup de main pour déblayer le terrain, les arbres arrachés. J’ai pu bénéficier de la caisse de solidarité de Terracoopa – une initiative que j’avais moi-même contribué à mettre en place au début de la crise sanitaire, sans penser que j’en aurais moi-même besoin si rapidement ! En attendant de pouvoir reprendre mon activité de traiteur, j’ai travaillé pour une association – là encore, le statut d’entrepreneure en coopérative m’a aidée. J’étais en effet entrée chez Terracoopa avec une seconde casquette en tant que consultante. Cette activité était en dormance, mais lorsque j’ai pris cette mission, j’avais un statut qui me permettait de facturer cette prestation en bonne et due forme.

Et aujourd’hui ?

Depuis quelques semaines, mon activité de traiteur reprend, j’ai des réservations pour l’été. J’ai dû adapter ma façon de travailler, car ce qui constituait mon activité principale : les colloques, séminaires d’entreprises… n’a pas encore repris. Je suis plus que jamais investie dans le collectif, puisque je suis également depuis octobre 2020 co-gérante de Terracoopa !

Pour en savoir plus sur les prestations de L’attirail

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