Parole d’entrepreneur : Charlotte Franchini, opticienne à domicile

par Sandra Ferley

« La coopérative m’a permis d’être entourée
pour ne me consacrer qu’à mon activité »

Charlotte est opticienne à domicile pour tous les publics : actifs, familles, personnes âgées. Elle vient chez vous ou sur votre lieu de travail pour vous faire choisir vos nouvelles montures puis livrer vos lunettes une fois les verres montés. Ses produits sont fabriqués en France, avec des matériaux éthiques et respectueux de l’environnement. Après cinq ans comme salariée dans des grandes enseignes, elle a lancé son activité, Casma, au sein de Crealead, une CAE.

Parole d'entrepreneur - Charlotte Franchini - Casma

Pourquoi avoir fait le choix de créer ton activité au sein d’une Coopérative d’activité et d’emploi (CAE) ?

Je voulais être indépendante, mais avoir un cercle professionnel autour de moi. En cherchant, je suis tombée sur les CAE, qui permettent d’avoir sa propre activité mais en étant complètement entouré. Quand on a des doutes, il y a toujours quelqu’un pour rassurer, « valider » nos idées, avertir quand il y a besoin. Et puis ces structures permettent de ne pas avoir à gérer l’administratif, et ainsi de ne pas perdre du temps dans quelque chose que je ne sais pas faire, pour ne le maîtriser qu’à moitié. Mon temps c’est mon activité. Pour le reste, il y a des personnes qui ont les connaissances et à qui je peux tout demander. Pour moi cela a été une évidence, dès la fin de la réunion de présentation à laquelle j’ai assisté. Tout ce que je recherchais avait été présenté : être accompagnée, ne pas me retrouver seule pour développer mon activité.

Comment as-tu découvert ce type de structure ?

J’étais à Pôle emploi, et j’ai suivi des ateliers pour apprendre à monter son entreprise. Au fil de discussions, on m’avait glissé qu’il y avait des organismes qui permettaient d’être soutenu, en présentant cela comme des couveuses. Et en cherchant j’ai trouvé les CAE. Cela n’est pas encore très connu ,car même à Pôle emploi on les présente comme des couveuses, alors qu’elles sont bien plus que ça.

Concrètement, que t’a apporté Crealead dans le développement et l’évolution de ton activité ?

Outre le soutien administratif et celui des référents pour nous aider à développer mon activité, j’ai vraiment profité de la richesse qu’apporte la présence d’autres co-entrepreneurs qui ont des métiers totalement différents du mien. J’ai pu discuter avec eux, alors que dans la vie classique cela n’est pas possible. Ils permettent d’avoir un autre regard, ils donnent des idées auxquelles on ne pense pas toujours car mon métier c’est de vendre des lunettes et j’ai le nez dans le guidon.

J’ai aussi pu découvrir des personnes avec qui j’ai ensuite travaillé : j’ai suivi diverses formations proposées par des co-entrepreneurs pour monter en compétences ; j’ai travaillé avec une photographe pour mes photos corporate et de produits ; et c’est une graphiste de la coopérative qui a développé mon positionnement et mon image graphique… Et puis j’ai eu beaucoup de clients directs au sein de la coopérative. Cela marche dans les deux sens.

Enfin il ne faut pas oublier le statut d’entrepreneur salarié. C’est une chance de dingue d’être indépendant en ayant tous les avantages du salariat. On mixe tout ce qui est positif !

« Confronter mes idées aux autres co-entrepreneurs m’a permis de sauter le pas pour oser proposer des produits qui me plaisent et sont porteurs de valeurs »

Et pas de point négatif ?

Pas pour le moment en tout cas ! Pour moi il n’y a que du positif : moins de problématiques, moins de paperasse (je peux déléguer ce que je ne sais pas faire à des spécialistes au sein de Crealead), une vraie simplification de la vie professionnelle. Quand on pense à s’installer en indépendant on sait que ça va être lourd au niveau administratif, et là je n’ai pas eu ce poids là.

Tu as fait évoluer ton activité au bout de deux ans pour lui faire prendre une direction plus éco-responsable, en quoi la coopérative t’a aidée ?

Je parlais des échanges qu’on a facilement au quotidien avec les autres entrepreneurs. Ils permettent aussi de valider les nouvelles directions qu’on a envie de prendre. Cela ouvre sur beaucoup de choses et c’est hyper enrichissant. Entre mes convictions personnelles et l’envie de les appliquer dans mon travail, j’étais un peu frileuse pour tout changer. Je ne me sentais pas légitime. Quand en parlant avec d’autres entrepreneurs ils te confortent dans tes idées, cela t’aide à sauter le pas et à travailler comme tu veux : proposer des produits qui me plaisent fabriqués par des gens qui ont des valeurs.

Un conseil pour ceux qui hésitent encore à franchir le pas de la CAE ?

On ne perd rien à essayer, on n’en ressortira que plus riche. S’informer et prendre tout ce dont on peut bénéficier au sein d’une CAE ne peut être que positif. La structure est là pour nous, tout est entre de bonnes mains, et il n’y a plus qu’à s’occuper de son activité.

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