Storytelling (2) : l’élément déclencheur

par Florent Bellouard
Pour raconter une bonne histoire, exposer le contexte, donner de l’épaisseur à son personnage principal est nécessaire mais pas suffisant. Ce qui va “faire sens” à votre récit, c’est l’accident, le grain de sable, l’élément perturbateur qui fera de votre personnage le héros de l’histoire.
Pas d’Iliade sans “l’enlèvement” d’Hélène de Sparte par Paris de Troie, ni de Star Wars sans le massacre de la famille de Luke Skywalker par les stormtroopers de l’Empire galactique, l’élément déclencheur est le pivot de votre récit. L’accident, le déséquilibre qui vous fait vous retourner et vous arrête. Vous voulez savoir ce qu’il se passe après…

L'élément perturbateur

Ainsi dans cette publicité le héros, Frekkel, un petit chien d’un couple de retraités voit sa vie paisible et tranquille complètement bouleversée par l’achat d’un ticket de loterie. L’instant clé survient lorsque son maître annonce : « si nous gagnons les 30 millions, toute notre vie va changer ». Il s’imagine alors remplacé par un canidé de race dans un manoir de nouveau riche et ne supportant pas ce coup du sort, décide de fuguer.

Le couple désemparé par cette disparition va mettre tout en œuvre, y compris son billet de loterie comme récompense, pour retrouver Frekkel. Morale de l’histoire : l’amour sincère et désintéressé vaut bien plus que tout l’or du monde.


Comment transformer un acte d'achat
en aventure vers un nouveau destin

Dramatiser les enjeux

Au-delà de l’aspect touchant et subtilement humoristique de cette histoire, ce qu’il faut retenir c’est l’habileté du choix de l’élément déclencheur : le billet de loterie (suggéré subtilement gagnant). A priori, rien de plus banal que d’acheter un billet semaine après semaine en espérant, contre toute probabilité statistique (1 chance sur plusieurs millions), décrocher le bon numéro. Mais lorsque le destin d’un sympathique petit chien dépend de cet achat, l’enjeu n’est plus le même. Avec ce bout de papier entre vos mains, vous avez le pouvoir de changer l’histoire. Ainsi chaque semaine, chez le buraliste, vous n’achetez plus un billet de loto, vous jouez votre destin. On appelle cette technique narrative : dramatiser les enjeux.

Avouez qu’après avoir regardé cette publicité et lu ces quelques lignes, vous n’achèterez plus votre ticket de loto de la même manière. Subliminal…

P.S. Si vous possédez des tickets de loto gagnants, je suis preneur (je n’ai pas de petit chien).

Prochain article sur la grande histoire du storytelling : les péripéties et le dénouement

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